La Honda NSX est une supercar qui se mesure aux références européennes par ses chiffres, pas par son volume sonore. Deux générations, deux philosophies mécaniques distinctes, et pourtant une même promesse : offrir des performances de haut niveau dans un format utilisable tous les jours. Avant de parler de sensations, il faut regarder ce que les données techniques révèlent sur l’écart entre les deux générations et face à la concurrence directe.
Honda NSX première et deuxième génération : le comparatif technique
Les deux générations de NSX partagent une architecture moteur central et une volonté de fiabilité japonaise. Les similitudes s’arrêtent là. Le passage du V6 atmosphérique au V6 biturbo hybride modifie radicalement le comportement dynamique et le rapport poids/puissance.
| Caractéristique | NSX gen. 1 (1990-2005) | NSX gen. 2 (2016-2022) |
|---|---|---|
| Motorisation | V6 atmosphérique | V6 biturbo + 3 moteurs électriques |
| Châssis | Monocoque aluminium (première mondiale en série) | Space frame aluminium/acier multimatériaux |
| Transmission | Propulsion, boîte manuelle ou auto | SH-AWD hybride, boîte double embrayage 9 rapports |
| Position moteur | Central arrière | Central arrière |
| Vocation déclarée | Supercar utilisable au quotidien | Supercar hybride à usage mixte |
La première génération a introduit le châssis monocoque aluminium en série, une avancée qui a influencé des constructeurs comme McLaren. La seconde génération a misé sur l’hybridation avec transmission intégrale Sport Hybrid SH-AWD, un système qui distribue le couple via trois moteurs électriques distincts.

NSX Type S : la version qui a clos la production en 2022
La fin de carrière de la deuxième génération mérite une lecture attentive. Honda a arrêté la production en 2022, et l’ultime déclinaison Type S concentre les évolutions les plus significatives.
Le 0 à 60 mph est annoncé en moins de 3 secondes. Sur le circuit de Suzuka, le gain mesuré atteint environ 2 secondes par tour par rapport au modèle 2019-2021. Ce ne sont pas des retouches cosmétiques : la cartographie moteur, la rigidité du châssis et le calibrage de la transmission ont été repris pour orienter la voiture vers une logique de performance pure.
Cette évolution change la perception du modèle. La NSX de seconde génération, souvent perçue comme un compromis grand tourisme, termine sa carrière sur un registre nettement plus affûté. Le Type S représente le point culminant technique de la gamme.
Conduite quotidienne en Honda NSX : ce que les données révèlent
L’argument historique de la NSX, depuis 1990, repose sur une promesse vérifiable : rouler tous les jours sans les contraintes d’une supercar italienne. Plusieurs éléments techniques soutiennent cette affirmation.
- La fiabilité mécanique japonaise reste un facteur mesurable. Les coûts d’entretien de la première génération sont documentés comme inférieurs à ceux d’une Ferrari 348 ou d’une Porsche 911 Turbo de la même époque, avec des intervalles de maintenance plus espacés.
- L’ergonomie du poste de conduite, inspirée d’une berline Honda classique, offre une visibilité et un confort de commandes absents de la plupart des supercars concurrentes.
- La garde au sol et le rayon de braquage permettent une utilisation urbaine sans les compromis habituels (rampes de parking, ralentisseurs, manœuvres).
La deuxième génération ajoute le mode électrique à basse vitesse. En zone urbaine, la NSX hybride peut rouler sur quelques kilomètres en silence complet, un contraste saisissant avec le registre sonore disponible sur circuit.
Le facteur entretien sur le marché de l’occasion
La production étant terminée depuis 2022, l’accès à la NSX passe désormais par le marché de l’occasion. Le point de vigilance principal concerne la disponibilité des pièces spécifiques au système hybride de la seconde génération. Les batteries, les moteurs électriques auxiliaires et l’électronique de gestion SH-AWD représentent des postes d’entretien que la première génération, purement mécanique, n’imposait pas.
En revanche, la première génération bénéficie d’un réseau de spécialistes bien établi et de pièces mécaniques encore disponibles. Son V6 atmosphérique, réputé pour sa longévité, reste l’un des moteurs les plus fiables jamais installés dans une voiture de sport.

NSX face à Ferrari et Porsche : où se situe l’écart réel
La NSX a toujours été positionnée face aux Ferrari et Porsche de son segment. Gordon Murray a reconnu l’influence de la NSX sur le développement de la McLaren F1. Ayrton Senna a participé à la mise au point du châssis de la première génération. Ces deux faits situent le niveau d’ambition du projet.
Sur le plan dynamique, la différence fondamentale avec une Ferrari de la même époque tient à la philosophie de conduite. La NSX ne cherche pas à impressionner par la brutalité ou le spectacle sonore. Elle livre ses performances de manière progressive et lisible, ce qui la rend plus exploitable sur route ouverte qu’une rivale européenne équivalente.
La seconde génération déplace la comparaison vers des modèles comme la Porsche 911 Turbo ou la McLaren 570S. Le système hybride SH-AWD offre une motricité en sortie de virage que les transmissions conventionnelles ne reproduisent pas. Le couple instantané des moteurs électriques comble le temps de réponse du turbo, supprimant le lag caractéristique des V6 suralimentés.
Cote et statut de collection : le glissement post-production
Depuis l’arrêt de la production, le marché de la revente montre une tendance nette. Les derniers exemplaires Type S, particulièrement ceux à très faible kilométrage, sont présentés comme des objets de collection plutôt que comme des voitures destinées à un usage routier régulier.
Ce phénomène crée un paradoxe pour une voiture conçue comme supercar du quotidien. Les exemplaires les mieux conservés deviennent trop précieux pour être utilisés comme Honda l’avait prévu. La première génération connaît une dynamique similaire, avec des NSX-R atteignant des niveaux de valorisation qui les éloignent définitivement de leur vocation initiale.
Pour un acheteur qui cherche réellement à rouler au quotidien en NSX, les exemplaires à kilométrage intermédiaire de la seconde génération (hors Type S) offrent probablement le meilleur équilibre entre coût d’acquisition, potentiel d’utilisation et accès à l’entretien. La première génération reste la plus pure en sensations de conduite, mais son statut de classique rend chaque kilomètre parcouru plus coûteux en termes de décote évitée.

