Le transport sanitaire par taxi conventionné repose sur un cadre réglementaire qui a profondément changé depuis fin 2025. La nouvelle convention nationale impose des forfaits refondus, supprime la facturation de l’attente et introduit un contingentement des conventionnements par zone géographique. Trouver un taxi conventionné autour de soi ne relève plus d’une simple recherche locale : c’est une démarche conditionnée par la densité de l’offre dans le département, la prescription médicale et le taux de prise en charge applicable.
Contingentement et maillage territorial : pourquoi le taxi conventionné autour de moi se raréfie
Depuis le 1er novembre 2025, les caisses primaires d’assurance maladie peuvent refuser de conventionner de nouveaux taxis dans une zone jugée saturée. Ce mécanisme de contingentement change la donne pour les patients en zone urbaine dense comme en secteur rural.
En zone urbaine, le nombre de taxis conventionnés était déjà élevé. Le contingentement y limite les nouvelles entrées, mais l’offre existante reste généralement suffisante. En zone rurale, la situation est inverse : peu de taxis conventionnés étaient actifs, et le mécanisme ne corrige pas ce déficit structurel.
La suppression de la facturation de l’attente pousse les chauffeurs à optimiser leurs tournées. Nous observons que cela réduit leur disponibilité pour les trajets impliquant des consultations longues ou des retards hospitaliers fréquents. Un patient dont le rendez-vous médical dépasse régulièrement l’horaire prévu aura plus de difficulté à fidéliser un chauffeur conventionné.

Prescription médicale de transport : le CERFA qui conditionne tout le trajet
Aucun trajet médical en taxi conventionné n’est pris en charge sans une prescription médicale de transport valide, établie sur le formulaire CERFA 11574. Ce document n’est pas une formalité : une erreur de remplissage entraîne un refus de remboursement par la CPAM.
Mentions obligatoires sur le bon de transport
- Le mode de transport prescrit (taxi conventionné ou VSL, une seule case cochée par le médecin)
- Les adresses précises de départ et d’arrivée, avec le nom de l’établissement de santé
- Le motif médical justifiant le transport : ALD, hospitalisation, convocation pour un acte médical à distance, grossesse pathologique
- La date ou la période couverte, et la signature du médecin prescripteur
Le médecin prescrit le mode de transport en fonction de l’état du patient, pas de sa préférence. Un patient valide orienté vers un VSL ne pourra pas exiger un taxi conventionné sans nouvelle prescription. Le choix entre taxi et VSL relève du médecin, pas du patient.
Taux de remboursement du transport médical en taxi conventionné : la hausse du reste à charge
Depuis le 1er août 2023, le taux de remboursement des frais de transport liés à une hospitalisation est passé de 65 % à 55 % du tarif conventionnel. Le ticket modérateur est donc passé de 35 % à 45 % pour ces trajets.
Cette baisse concerne les transports en ambulance, VSL et taxi conventionné dès lors qu’ils sont liés à une hospitalisation. Les patients en ALD exonérante restent pris en charge à 100 % sur le transport prescrit, à condition que le trajet soit directement lié à leur affection longue durée.
Ce que la complémentaire santé couvre réellement
La plupart des mutuelles prennent en charge le ticket modérateur sur les transports sanitaires. Nous recommandons de vérifier les conditions du contrat avant le premier trajet : certaines complémentaires plafonnent le nombre de trajets remboursés par an ou excluent les transports itératifs (dialyse, radiothérapie) au-delà d’un certain seuil.
Un patient sans complémentaire qui effectue des trajets réguliers vers un centre de soins doit anticiper un reste à charge significatif sur chaque trajet médical. Le calcul se fait sur le tarif conventionnel, pas sur le tarif réel du taxi, ce qui peut créer un écart supplémentaire si le chauffeur applique des suppléments non conventionnés.

Taxi conventionné ou VSL : critères de choix pour un trajet médical adapté
Le taxi conventionné et le VSL répondent à des besoins distincts. Le VSL est un véhicule sanitaire léger conduit par un auxiliaire ambulancier, avec un équipement minimal (oxygène, trousse de secours). Le taxi conventionné est un taxi classique dont le chauffeur a signé une convention avec la CPAM, sans équipement sanitaire à bord.
- Le VSL convient aux patients nécessitant une surveillance légère pendant le trajet ou une aide à la marche
- Le taxi conventionné est adapté aux patients autonomes capables de monter et descendre du véhicule sans assistance
- Pour un trajet bariatrique ou nécessitant un fauteuil roulant, ni le taxi conventionné standard ni le VSL classique ne suffisent : un transport adapté TPMR ou une ambulance est requis
Le taxi conventionné ne remplace pas un transport sanitaire médicalisé. Si l’état du patient se dégrade entre la prescription et le jour du trajet, une réévaluation médicale s’impose avant le déplacement.
Réservation d’un taxi conventionné CPAM : délais et vérifications
La réservation d’un taxi conventionné ne fonctionne pas comme une course classique via une application. Le chauffeur a besoin du bon de transport avant la prise en charge. Transmettre ce document au moment de la réservation, et non le jour du trajet, évite les refus de dernière minute.
Nous recommandons de réserver au minimum 48 heures à l’avance pour un trajet programmé. Pour les trajets itératifs (dialyse, chimiothérapie), un planning fixe avec le même chauffeur simplifie la logistique et réduit les risques d’annulation.
Avant de confirmer, vérifiez que le taxi est bien conventionné CPAM pour l’année en cours. Le contingentement introduit depuis 2025 signifie que certains taxis ont perdu leur conventionnement sans que les patients en soient informés. Un trajet effectué avec un taxi non conventionné ne sera pas remboursé, même avec une prescription valide.
Le trajet médical en taxi conventionné reste une solution efficace pour les patients autonomes, à condition de maîtriser la chaîne administrative : prescription conforme, chauffeur vérifié, complémentaire adaptée. La raréfaction de l’offre dans certaines zones impose de s’y prendre tôt et de ne rien laisser au hasard sur le volet documentaire.

