2035. Une date qui ne s’impose pas dans tous les esprits, mais qui agit déjà en coulisses : dans une dizaine d’années, les moteurs thermiques neufs seront bannis des concessions européennes. Pourtant, en 2025, le diesel ne s’est pas évaporé du paysage. Entre réglementations de plus en plus strictes et une offre électrifiée qui s’installe, la filière diesel joue sa dernière partition. Regardons d’un peu plus près comment les lignes bougent, parfois à contretemps, sur le marché et dans la vie des automobilistes.
Les constructeurs réservent encore une place au diesel dans leur catalogue, malgré la prolifération de règles environnementales et l’essor constant des véhicules hybrides et électriques. Sur le terrain, le quotidien se complique : plusieurs métropoles européennes appliquent déjà des interdictions de circulation sélectives. Chaque année, de nouveaux dispositifs de contrôle s’ajoutent, redessinant la carte de la mobilité urbaine.
Côté seconde main, le diesel ne lâche pas l’affaire. Les ventes de voitures d’occasion restent dynamiques, surtout dans les segments utilitaires et SUV. La fiscalité, en pleine mutation, ajoute à la complexité. Les différences de prix entre les carburants, les nouvelles taxes et la disparition progressive des incitations brouillent les repères des acheteurs et des professionnels.
Où en est réellement le marché des voitures diesel en 2025 ?
Le marché automobile européen, et particulièrement la France, change vite. Les ventes de véhicules diesel neufs poursuivent leur descente, même chez les professionnels. En 2025, la part du diesel dans les immatriculations neuves en France tombe sous la barre des 10 %. Loin du temps où le diesel régnait en maître sur les routes et dans les concessions. Les constructeurs s’adaptent : ils retirent progressivement cette motorisation de la plupart des modèles particuliers, ne la conservant que sur certains utilitaires et gros SUV.
Le marché de la voiture d’occasion, lui, affiche une tout autre allure. Sur ce terrain, le diesel résiste, soutenu par des conducteurs fidèles, souvent ruraux ou gros rouleurs, pour qui le passage à la pompe reste un critère déterminant. Les annonces ne manquent pas, la négociation est monnaie courante. Certains modèles récents et bien équipés voient leur prix baisser nettement, ce qui séduit des acheteurs avertis.
En Europe, la photographie évolue d’un pays à l’autre. L’Allemagne, l’Italie ou l’Espagne conservent encore des volumes notables, notamment sur les véhicules utilitaires et les flottes d’entreprise. Mais la tendance est partout la même : la transition s’accélère, les alternatives prennent le dessus. Les voitures thermiques essence, hybrides et électriques gagnent chaque mois du terrain sur le diesel.
Impossible d’ignorer les chiffres : les ventes de véhicules neufs à moteur diesel s’amenuisent, grignotées par la montée des hybrides et la progression de l’électrique. L’automobile change vite, le diesel recule, mais dans le parc roulant, il garde une place solide, surtout sur le marché de l’occasion. Le diesel reste présent, pour quelques années au moins, dans le quotidien de nombreux automobilistes.
Restrictions, fiscalité et normes : comment la réglementation façonne l’avenir du diesel
En 2025, la réglementation s’impose comme une force motrice dans le destin du diesel. Les zones à faibles émissions (ZFE) se multiplient à travers la France et toute l’Europe : Paris, Lyon, Marseille, pour n’en citer que quelques-unes. L’accès aux centres-villes devient réservé. Les vignettes Crit’Air introduisent une sélection stricte parmi les véhicules diesel. Seuls les modèles les plus récents, conformes aux dernières normes, peuvent encore s’aventurer en centre-ville. Les autres sont relégués en périphérie ou immobilisés lors des épisodes de pollution.
La fiscalité suit ce mouvement. Les avantages fiscaux qui profitaient autrefois au diesel ont disparu. La taxe sur le gazole grimpe d’année en année, réduisant la différence avec l’essence. Les dispositifs de soutien à l’achat, comme le bonus écologique, privilégient désormais clairement les voitures électriques ou hybrides. Les aides à l’achat pour le diesel se font rares, et les normes d’émissions se renforcent.
Pour illustrer ce durcissement, voici les principales évolutions réglementaires en 2025 :
- Les vignettes Crit’Air 2 : seuls les diesels Euro 6 récents sont acceptés dans la plupart des ZFE.
- Renforcement progressif des ZFE en France : près de trente agglomérations sont concernées à l’horizon 2025.
- Suppression du bonus écologique pour l’achat de véhicules diesel, même neufs.
À l’échelle européenne, la pression s’accroît également sur les constructeurs. Les seuils de CO₂ se resserrent, les normes Euro 7 se profilent à l’horizon avec des exigences inédites. Dans un tel contexte, le diesel perd de son attrait économique. Les automobilistes doivent désormais jongler entre exigences réglementaires et besoins quotidiens, parfois au prix de compromis inédits.
Voitures diesel et alternatives écologiques : quelles options pour les automobilistes ?
Le diesel n’a pas dit son dernier mot. Sur autoroute, il reste champion de la sobriété et de l’autonomie, un atout pour ceux qui enchaînent les kilomètres. Renault, BMW et quelques constructeurs allemands proposent encore des modèles adaptés aux normes les plus récentes. Pourtant, le paysage a changé. Les alternatives se multiplient.
Face à la percée des voitures électriques et hybrides rechargeables, choisir devient plus complexe. Les modèles électriques séduisent pour leur silence, leur couple immédiat, l’entretien réduit. Leur autonomie s’améliore, mais reste en retrait du diesel sur les longues distances. Le réseau de recharge s’étoffe en France et en Europe, même s’il ne rivalise pas encore avec la densité des stations-service.
Les hybrides offrent une solution intermédiaire pour ceux qui alternent ville et route. Ils permettent de circuler sans émission locale en zone urbaine et débordent moins sur les contraintes liées à la recharge. Les modèles essence, quant à eux, retrouvent des couleurs : souples, adaptés aux trajets courts ou mixtes, ils profitent d’un cadre fiscal plus clément.
Voici les principales caractéristiques à retenir pour chaque option :
- Voiture électrique : aucun rejet à l’utilisation, coût énergétique faible, autonomie qui progresse mais encore limitée hors des grandes villes.
- Hybride rechargeable : usage polyvalent, déplacements urbains propres, motorisation thermique pour les longs trajets.
- Essence : simplicité, entretien abordable, disponibilité du réseau.
- Diesel : toujours pertinent pour les longs trajets, mais de plus en plus restreint en ville.
Chaque profil d’automobiliste doit donc évaluer ses habitudes, anticiper les évolutions réglementaires et considérer tous les frais annexes, assurance, entretien, fiscalité. Le marché se diversifie, chaque choix implique une réflexion sur le long terme.
Quels critères privilégier pour un achat diesel pertinent en 2025 ?
Pour ceux qui envisagent encore l’achat d’une voiture diesel, une question s’impose : quels sont les critères à prendre en compte pour faire un choix avisé en 2025 ? Alors que l’offre se réduit et que les règles évoluent, certains modèles conservent des atouts certains.
Le premier élément à considérer reste la nature de vos déplacements. Si vous parcourez essentiellement de longues distances sur autoroute, avec plus de 20 000 kilomètres par an, le diesel garde tout son intérêt. Sa sobriété, son autonomie, son endurance restent inégalées pour les grands rouleurs. En revanche, pour des trajets mixtes ou urbains, la prudence s’impose. Les restrictions en zones à faibles émissions s’intensifient, visant d’abord les véhicules les plus anciens et les moins bien classés sur l’échelle Crit’Air.
Autre point décisif : la date de première mise en circulation. Il est préférable d’opter pour un modèle récent, conforme aux dernières normes Euro 6d ou mieux. Ces véhicules limitent les émissions polluantes et bénéficient d’une vignette Crit’Air plus avantageuse. Sur le marché de l’occasion, une voiture diesel récente peut offrir un rapport qualité/prix intéressant.
N’oubliez pas d’analyser les coûts annexes : prix d’achat, apport, financement, assurance spécifique au diesel, entretien. Les différences subsistent par rapport à l’essence, notamment sur le marché de l’occasion, où la demande se tend. Surveillez également la valeur de revente : certains modèles, bien cotés, résistent mieux à la dépréciation malgré la montée des hybrides et de l’électrique.
En 2025, choisir un diesel n’a plus rien d’un réflexe. C’est un calcul, parfois un pari. Un pari sur les kilomètres à venir, les usages réels et la capacité à s’adapter à un environnement automobile en transformation rapide. La route s’ouvre à qui sait l’anticiper.

